Et ses seins

« … et ses seins étranges, allongés et droits, aigus comme des poires de chair, élastiques comme s’ils eussent renfermé des ressorts d’acier, donnaient à son corps quelque chose d’animal, faisaient d’elle une sorte d’être inférieur et magnifique, de créature destinée à l’amour désordonné, éveillaient en moi l’idée des obscènes divinités antiques dont les tendresses libres s’étalaient au milieu des herbes et des feuilles.« 
Guy de Maupassant – Marroca (1882)

car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand

Booz était bon maître et fidèle parent
il était généreux quoi qu’il fût économe
les femmes regardaient  Booz plus qu’un jeune homme
car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand …
le vieillard qui remonte vers la source première
entre aux jours éternels et sort des jours changeants
et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens
mais dans l’oeil du vieillard on voit de la lumière
Victor HUGO

Encore, pour s’attacher à l’essentiel et rejeter l’accessoire, décomposer l’action en plusieurs actes, répartir la tâche entre tous de façon que chacun concoure au but commun, faut-il au chef la capacité d’embrasser les ensembles, d’attribuer aux objets l’importance relative qu’ils méritent, de discerner les enchaînements et les limites. Or, cette aptitude à la synthèse ne vas pas une puissante capacité de réflexion, car on ne peut distinguer les grandes lignes des détails ni comparer les valeurs sans y rassembler tout l’effort de la pensée, de même qu’au stéréoscope on n’aperçoit pas le relief d’une image sans y concentrer la vue. C’est pourquoi tous les grands hommes d’action furent des méditatifs. Tous possédaient, au plus haut degré, la faculté de se replier sur eux-mêmes, de délibérer au-dedans. Tous auraient pu dire, comme Napoléon : « l’homme de guerre doit être capable de considérer fortement et longtemps les mêmes objets sans en être fatigué. »

Charles de Gaulle,

Livre « Fil de l’épée »