Magie de Noël

Citations de Noël

« Noël est là,
Ce joyeux Noël, des cadeaux plein les bras,
Qui réchauffe nos coeurs et apporte la joie,
Jour des plus beaux souvenirs,
Plus beau jour de l’année. »
Washington Irving

« Noël, c’est la veille, c’est l’attente. »

Georges Dor

« Sans les cadeaux, Noël ne serait pas Noël.  »
Louisa May Alcott

« Joyeux, joyeux Noël
Aux mille bougies
Quand chantent vers le ciel
Les cloches de la nuit. »
(Chanson « vive le vent »)

« J’avais mis mes souliers devant la cheminée, le Père Noël m’a apporté des pieds.  »
Philippe Geluck

« J’ai compris que le Père Noël n’existait pas quand j’avais 5 ans. Je suis entrée dans un grand magasin et il m’a demandé un autographe.  »
Shirley Temple

Citations d’inspiration religieuse

Cartes de Noël

« Le ciel est noir, la terre est blanche,
Cloches, carillonnez gaîment !
Jésus est né. La Vierge penche
Sur lui son visage charmant.

Pas de courtines festonnées
Pour préserver l’enfant du froid,
Rien que des toiles d’araignées
Qui pendent des poutres du toit.

Il tremble sur la paille fraîche,
Ce cher petit enfant Jésus,
Et, pour l’échauffer dans sa crèche
L’âne et le bœuf soufflent dessus.

La neige au chaume coud ses franges,
Mais sur le toit s’ouvre le ciel
Et, tout en blanc, le chœur des anges
Chante aux bergers : « Noël ! Noël ! »

Théophile Gautier

« L’Etoile brille en la nuit fraîche,
Les Anges chantent « Gloria » !
Et le Christ, au fond d’une crèche,
Vient renaître pour mon rachat. »

Théodore Botrel

« Il est né le divin Enfant,
Jouez hautbois, résonnez musettes !
Il est né le divin Enfant,
Chantons tous son avènement !  »

Benoit Zukferey

« C’est Noël chaque fois qu’on essuie une larme dans les yeux d’un enfant,
C’est Noël chaque fois qu’on dépose les armes, chaque fois qu’on s’entend,
C’est Noël chaque fois qu’on arrête une guerre et qu’on ouvre ses mains,
C’est Noël chaque fois qu’on force la misère à reculer plus loin. »

Ouvrir une école, c’est fermer une prison

Ayant récemment découvert les possibilités du blog dont disposent les abonnés de Mediapart, j’en profite pour publier des textes écrits pour le journal de l’école de mes enfants l’année dernière. J’avais écrit ces textes suite aux réactions d’une minorité de parents hostiles à la scolarisation de quelques enfants roms (qui par ailleurs se passait très bien) dans l’école. Le permier, que je reproduis ci-dessous, était consacré à la place de l’éducation pour tous dans la réflexion de Victor Hugo, l’un des pères de notre République. Hélène Boilley

« Ouvrir une école, c’est fermer une prison ».

Cette célèbre citation n’est probablement pas de Victor Hugo quoiqu’on la lui attribue souvent. Il est en tous cas impossible d’en trouver facilement la source et elle n’est pas tirée des Misérables comme certains le prétendent. Mais cette phrase fait largement écho à la pensée d’Hugo sur l’éducation. Le fait qu’on la reprenne si souvent aujourd’hui montre également l’empreinte de cette pensée sur notre façon de penser le rôle social de l’école.

L’une des sources de cette fameuse phrase est probablement à chercher dans un court roman écrit en 1834 : Claude Gueux. Hugo y raconte l’itinéraire d’un homme condamné aux travaux forcés pour un vol destiné à faire survivre sa famille affamée. Séparé arbitrairement d’un codétenu auquel il s’était attaché, il finit par tuer son geôlier, parfaitement conscient qu’il sacrifie sa propre vie par cet acte. Hugo reprend la parole à la fin de son texte en s’adressant directement aux parlementaires de son temps : il critique la peine de mort et, plus largement, la manière dont la société traite la misère et la criminalité qu’elle génère.

«      Messieurs, il se coupe trop de têtes par an en France. Puisque vous êtes en train de faire des économies, faites-en là-dessus.
Puisque vous êtes en verve de suppressions, supprimez le bourreau. Avec la solde de vos quatre-vingts bourreaux, vous payerez six cents maîtres d’école.
Songez au gros du peuple. Des écoles pour les enfants, des ateliers pour les hommes.    Savez-vous que la France est un des pays de l’Europe où il y a le moins de natifs qui sachent lire ! Quoi ! la Suisse sait lire, la Belgique sait lire, le Danemark sait lire, la Grèce sait lire, l’Irlande sait lire, et la France ne sait pas lire ? C’est une honte.
Allez dans les bagnes. Appelez autour de vous toute la chiourme. Examinez un à un tous ces damnés de la loi humaine. Calculez l’inclinaison de tous ces profils, tâtez tous ces crânes. Chacun de ces hommes tombés a au-dessous de lui son type bestial ; il semble que chacun d’eux soit le point d’intersection de telle ou telle espèce animale avec l’humanité. Voici le loup-cervier, voici le chat, voici le singe, voici le vautour, voici la hyène. Or, de ces pauvres têtes mal conformées, le premier tort est à la nature sans doute, le second à l’éducation.
La nature a mal ébauché, l’éducation a mal retouché l’ébauche. Tournez vos soins de ce côté. Une bonne éducation au peuple. Développez de votre mieux ces malheureuses têtes, afin que l’intelligence qui est dedans puisse grandir.

Les nations ont le crâne bien ou mal fait selon leurs institutions. »

On voit dans ce texte à quel point l’écriture romanesque d’Hugo est intrinsèquement liée à sa pensée politique. Le récit sert ici de point de départ à un discours fortement progressiste qui fait de l’éducation l’une des clés de l’évolution de la société. Hugo est aujourd’hui surtout connu comme un écrivain, un monument littéraire que tout petit Français croisera dans son parcours scolaire. Mais, pour le XIXe siècle, il était aussi un homme politique de premier plan et l’un des pères fondateurs de la Troisième République. La dimension politique des textes de Victor Hugo ne nous saute peut-être plus aux yeux, tant ses idées se sont confondues avec les valeurs portées par l’école républicaine. Pourtant, on a pu voir ces dernières années des écoles fermer et des prisons ouvrir. Et les discours sécuritaires ne cessent de faire resurgir les tentations d’exclure ceux qui ne peuvent se couler dans le moule de la société, souvent du fait d’une situation économique et sociale difficile. Or c’est précisément ce que refusait Hugo. Viscéralement optimiste, il pensait qu’aucun homme n’était mauvais en lui même. À ses yeux, c’est la société qui transformait les hommes en monstres.

 Éduquer, envers et contre tout.

Et l’on retrouve ici l’un des personnages les plus célèbres de l’œuvre d’Hugo : Jean Valjean, qui n’est en fait qu’un Claude Gueux qui aura le bonheur de rencontrer un homme bon. L’histoire de Jean Valjean commence elle aussi dans un bagne où il est enfermé pour avoir volé du pain pour sa famille affamée. À sa sortie du bagne, l’ancien travailleur vertueux et courageux est devenu un vrai criminel qui en veut à la société et n’a de cesse de recommencer à voler. Par bonheur, sa route croise celle de l’évêque de Digne, dont l’attitude a de quoi surprendre le lecteur. Il offre avec beaucoup de bonté son hospitalité au forçat : il lui donne un bon repas, le fait manger dans des couverts en argent et lui propose une nuit dans un vrai lit, ce que Jean Valjean n’avait plus eu l’occasion de goûter depuis des dizaines d’années. Pourtant les couverts en argent attisent la convoitise du forçat. Il les vole et s’enfuit. Il est cependant vite arrêté par la police qui le ramène à l’évêque. Celui-ci prétend alors avoir donné les couverts et lui donne, en plus, deux chandeliers. Cette réaction du prêtre pourrait sembler choquante ou incompréhensible à beaucoup : il se laisse voler et favorise encore le voleur ! Mais aux yeux de l’évêque de Digne, son argenterie n’est pas perdue. Il a racheté un homme. La suite du roman lui donne raison. Jean Valjean deviendra un personnage extrêmement positif, seule lueur d’espoir dans la vie des misérables qui croiseront son chemin.

On peut penser que l’on s’est bien éloigné de l’école et qu’il s’agit d’un épisode de roman qui a plus pour but de nous surprendre que de nous apprendre quoi que ce soit. Mais l’importance que Victor Hugo accorde à l’éducation est intimement liée à sa foi en l’homme. À travers le personnage de Jean Valjean, il nous dit que tout homme est éducable et que la société a intérêt à éduquer chacun de ses membres. Il nous pousse à intégrer plutôt qu’à exclure, à investir pour l’avenir plutôt qu’à s’enfermer dans un présent égoïste.

Encore, pour s’attacher à l’essentiel et rejeter l’accessoire

Encore, pour s’attacher à l’essentiel et rejeter l’accessoire, décomposer l’action en plusieurs actes, répartir la tâche entre tous de façon que chacun concoure au but commun, faut-il au chef la capacité d’embrasser les ensembles, d’attribuer aux objets l’importance relative qu’ils méritent, de discerner les enchaînements et les limites. Or, cette aptitude à la synthèse ne vas pas une puissante capacité de réflexion, car on ne peut distinguer les grandes lignes des détails ni comparer les valeurs sans y rassembler tout l’effort de la pensée, de même qu’au stéréoscope on n’aperçoit pas le relief d’une image sans y concentrer la vue. C’est pourquoi tous les grands hommes d’action furent des méditatifs. Tous possédaient, au plus haut degré, la faculté de se replier sur eux-mêmes, de délibérer au-dedans. Tous auraient pu dire, comme Napoléon : « l’homme de guerre doit être capable de considérer fortement et longtemps les mêmes objets sans en être fatigué »

Charles de Gaulle,

Livre « Fil de l’épée »

Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la France.

Toute ma vie je me suis fait une certaine idée de la France. Le
sentiment m’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a en moi
d’affectif imagine naturellement la France telle la princesse des
contes ou la madonne aux fresques des murs Côme vouée à une destinée
éminente et exceptionnelle. J’ai d’instinct l’impression que la
providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs
exemplaires.
S’il advient que la médiocrité marque, pourtant ses faits et gestes
j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie

Sur la pente que gravit la France

Sur la pente que gravit la France, ma mission est toujours de la
guider vers le haut, tandis que toutes les voix d’en bas m’appellent
sans cesse à descendre. Ayant, une fois encore, choisi de m’écouter,
elle s’est tirée du marasme et vient de franchir l’étape du
renouveau. Mais à partir de là, tout comme hier , je n’ai à lui
montrer d’autre but que la cime, d’autre route que l’effort.
Mémoires d’espoir tome 1 le renouveau 1970
Ch de Gaulle

Georges Clemenceau

Il n’est pas de meilleur moyen de servir sa mémoire que de faire connaître sa vie, son action, sa passion auxquelles je ne crois pas qu’aucune vie, aucune action, aucune passion ne puisse être comparée. Il fut à lui seul, et pour ainsi dire en chacun de ses jours, un drame. C’est là sa marque.
Lettre de Charles de Gaulle
à Georges Wormser
à propos de Georges Clemenceau

Les Régions

« L’effort multiséculaire de centralisation, qui … fut longtemps nécessaire pour réaliser et maintenir son unité malgré les divergences des provinces qui lui étaient successivement rattachées, ne s’impose plus désormais. Au contraire, ce sont les activités régionales qui apparaissent comme les ressorts de sa puissance économique de demain. »

Charles de Gaulle
24 mars 1968

Et ses seins

« … et ses seins étranges, allongés et droits, aigus comme des poires de chair, élastiques comme s’ils eussent renfermé des ressorts d’acier, donnaient à son corps quelque chose d’animal, faisaient d’elle une sorte d’être inférieur et magnifique, de créature destinée à l’amour désordonné, éveillaient en moi l’idée des obscènes divinités antiques dont les tendresses libres s’étalaient au milieu des herbes et des feuilles.« 
Guy de Maupassant – Marroca (1882)

car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand

Booz était bon maître et fidèle parent
il était généreux quoi qu’il fût économe
les femmes regardaient  Booz plus qu’un jeune homme
car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand …
le vieillard qui remonte vers la source première
entre aux jours éternels et sort des jours changeants
et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens
mais dans l’oeil du vieillard on voit de la lumière
Victor HUGO

Encore, pour s’attacher à l’essentiel et rejeter l’accessoire, décomposer l’action en plusieurs actes, répartir la tâche entre tous de façon que chacun concoure au but commun, faut-il au chef la capacité d’embrasser les ensembles, d’attribuer aux objets l’importance relative qu’ils méritent, de discerner les enchaînements et les limites. Or, cette aptitude à la synthèse ne vas pas une puissante capacité de réflexion, car on ne peut distinguer les grandes lignes des détails ni comparer les valeurs sans y rassembler tout l’effort de la pensée, de même qu’au stéréoscope on n’aperçoit pas le relief d’une image sans y concentrer la vue. C’est pourquoi tous les grands hommes d’action furent des méditatifs. Tous possédaient, au plus haut degré, la faculté de se replier sur eux-mêmes, de délibérer au-dedans. Tous auraient pu dire, comme Napoléon : « l’homme de guerre doit être capable de considérer fortement et longtemps les mêmes objets sans en être fatigué. »

Charles de Gaulle,

Livre « Fil de l’épée »