Le vieux Renoir

Propos rapportés par Louis Gillet, février 1943

J’ai été frappé par l’exemple du vieux Renoir. J’allais le voir à Cagnes. Dans les dernières années de sa vie, ce n’était qu’un paquet de douleurs. On le portait dans son fauteuil. Il y tombait comme un cadavre. Il avait les mains bandées, des doigts comme des racines, tellement tordus par la goutte qu’il était incapable de tenir un pinceau. On lui passait dans son pansement le manche d’une brosse. Les premiers mouvements étaient si douloureux qu’ils lui arrachaient une grimace. Au bout d’une demi-heure, quand il était en train, le mort ressuscitait : je n’ai jamais vu d’homme si heureux. Et je me suis promis qu’à mon tour je ne serais pas un lâche.
(extraits de « l’allongé – Une visite à Henri Matisse », Candide, 24 février 1943)

Vous devez être posé, mesuré et informé

Michele obama juillet 2016« Quand vous avez les codes nucléaires à portée de main et que vous dirigez l’armée, vous ne pouvez pas prendre des décisions hâtives. Vous ne pouvez pas vous vexer ou vous emporter facilement. Vous devez être posé, mesuré et informé »,

Michelle OBAMA, la First Lady.

 

Michelle Obama défend la candidature de Hillary Clinton à la présidentielle dans un vibrant discours lors de la convention de Philadelphie. juillet 2016

Le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand

Booz était bon maître et fidèle parent
il était généreux quoi qu’il fût économe
les femmes regardaient  Booz plus qu’un jeune homme
car le jeune homme est beau, mais le vieillard est grand …
le vieillard qui remonte vers la source première
entre aux jours éternels et sort des jours changeants
et l’on voit de la flamme aux yeux des jeunes gens
mais dans l’oeil du vieillard on voit de la lumière
Victor Hugo

Les termes empruntés au monde animal, Jean D’Ormesson

UNE PERLE DE JEAN D’ORMESSON :

« Myope comme une taupe »
« Rusé comme un renard »
« Serrés comme des sardines »…
Les termes empruntés au monde animal ne se retrouvent pas seulement dans les fables de La Fontaine, ils sont partout.

La preuve:

Que vous soyez fier comme un coq
Fort comme un bœuf
Têtu comme un âne
Malin comme un singe
Ou simplement un chaud lapin
Vous êtes tous, un jour ou l’autre
Devenu chèvre pour une caille aux yeux de biche
Vous arrivez à votre premier rendez-vous
Fier comme un paon
Et frais comme un gardon
Et là … Pas un chat !
Vous faites le pied de grue
Vous demandant si cette bécasse vous a réellement posé un lapin
Il y a anguille sous roche
Et pourtant le bouc émissaire qui vous a obtenu ce rancard
La tête de linotte avec qui vous êtes copain comme cochon
Vous l’a certifié
Cette poule a du chien
Une vraie panthère !
C’est sûr, vous serez un crapaud mort d’amour
Mais tout de même, elle vous traite comme un chien
Vous êtes prêt à gueuler comme un putois
Quand finalement la fine mouche arrive
Bon, vous vous dites que dix minutes de retard
Il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard
Sauf que la fameuse souris
Malgré son cou de cygne et sa crinière de lion
Est en fait aussi plate qu’une limande
Myope comme une taupe
Elle souffle comme un phoque
Et rit comme une baleine
Une vraie peau de vache, quoi !
Et vous, vous êtes fait comme un rat
Vous roulez des yeux de merlan frit
Vous êtes rouge comme une écrevisse
Mais vous restez muet comme une carpe
Elle essaie bien de vous tirer les vers du nez
Mais vous sautez du coq à l’âne
Et finissez par noyer le poisson
Vous avez le cafard
L’envie vous prend de pleurer comme un veau
(ou de verser des larmes de crocodile, c’est selon)
Vous finissez par prendre le taureau par les cornes
Et vous inventer une fièvre de cheval
Qui vous permet de filer comme un lièvre
C’est pas que vous êtes une poule mouillée
Vous ne voulez pas être le dindon de la farce
Vous avez beau être doux comme un agneau
Sous vos airs d’ours mal léché
Faut pas vous prendre pour un pigeon
Car vous pourriez devenir le loup dans la bergerie
Et puis, ç’aurait servi à quoi
De se regarder comme des chiens de faïence
Après tout, revenons à nos moutons
Vous avez maintenant une faim de loup
L’envie de dormir comme un loir
Et surtout vous avez d’autres chats à fouetter.

Billet d’humour de Jean D’ORMESSON !!! Et hommage à la langue française

Avoir de la classe

Avoir de la classe, c’est ne jamais avoir peur. C’est être confiant et sûr de soi : on sait que l’on peut se lancer la tête baissée dans la vie et faire faire face à tout ce qui se présente. Jacob avait de la classe. Esaü n’en avait pas. Le combat de Jacob avec l’ange peut être considéré comme symbolique. Les gens qui ont de la classe sont ceux qui ont su lutter avec « l’ange » et qui ont obtenu une victoire qui les a marqués.
Quand on a de la classe, on ne se justifie jamais. On supporte tout et on tire des leçons des erreurs que l’on a commises. avoir de la classe, c’est être attentif aux autres et savoir que les bonnes manières ne sont rien de plus qu’une série de petits sacrifices. C’est témoigner d’une aristocratie qui n’a rien à voir avec l’ascendance ou avec l’argent. Le sang le plus pur peut être totalement dépourvu de classe, alors que le descendant d’un mineur gallois peut faire preuve à tout instant.
Avoir de la classe, c’est ne jamais tenter de s’élever en abaissant les autres. C’est être déjà en haut et ne pas avoir besoin de tenter de paraître à son avantage en faisant passer les autres pour pire qu’ils ne sont. avoir de la classe, c’est pouvoir « marcher avec les rois sans se laisser corrompre et parler avec le commun des mortels en restant abordable ». Tout le monde se sent bien avec une personne qui a de la classe, parce qu’elle se sent bien avec elle-même.
Si vous avez de la classe, vous n’avez quasiment besoin de rien d’autre. Si vous n’en avez pas, quoi que vous puissiez avoir d’autre est sans importance.
Howard e. Ferguson